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Le Blog de Vincent Meyer
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7 novembre 2012

Reflets : revue d'intervention sociale et communautaire

Appel de communications

Reflets : revue d'intervention sociale et communautaire

Volume 19, numéro 2, automne 2013

La souffrance psychique et morale au travail :

enjeux pour les professionnels francophones vivant en situation minoritaire du secteur de la santé et des services sociaux

Même si la question de la souffrance psychique et morale au travail retient de plus en plus l’attention des chercheurs universitaires, voire des employeurs, il reste difficile pour plusieurs professionnels francophones vivant en situation minoritaire de parler librement de ce que leur travail leur fait vivre au quotidien. Formés dans un idéal de pratique qui fait souvent appel au phénomène du surhomme (superman) et de la surfemme (superwomen) capables de résister à tous les stresseurs imaginables, il peut être risqué de dire que l’on souffre au travail (OPTSQ, 2007; Morris, 2005; Mariage et Schmitt-Fourrier, 2006; Dujarier, 2006; Dejours, 2009; Clot 2010; Lhuilier 2006; Vézina, 2001, de Gaulejac, 2011), voire que cette souffrance altère notre capacité à être présents à nous-mêmes et à Autrui dans l’exercice de nos fonctions.

Parce que les causes et les effets de la souffrance au travail, comme les façons d’y faire-face chez les professionnels, sont complexes, il importe d’encourager la discussion interprofessionnelle des francophones sur le sujet. Et cela, pour continuer à : 1) parfaire les connaissances actuelles entourant les causes structuro-organisationnelles et individuelles de la souffrance au travail et, 2) réfléchir aux façons d’y faire-face au plan individuel, professionnel, organisationnel et social.

Nous souhaitons ainsi, dans ce numéro de la revue Reflets, réunir des écrits de francophones vivant en situation minoritaire au sujet de la souffrance au travail et cela, en fonction des paramètres suivants : 

  • les causes ou les déterminants structurels, organisationnels et individuels de la souffrance psychique et morale au travail;
  • les principales répercussions (effets) psychiques, organisationnelles et sociales qui découlent ou qui peuvent découler des conditions de travail difficiles chez les professionnels du secteur de la santé et des services sociaux;
  • les stratégies ou moyens déployés par ces professionnels, les organisations et la société pour faire face au défi.

Ce numéro de la revue Reflets vise, ultimement, à supporter la pensée éthique chez les professionnels francophones vivant en situation minoritaire du secteur de la santé et des services sociaux, mais aussi, à mettre en valeur les pratiques innovatrices de prévention/ redressement/ revirement des déterminants structuro-organisationnels qui perdurent dans les organisations et qui continuent de fragiliser les professionnels canadiens et leur bien-être au travail.

Dès lors, nous croyons important, à l’intérieur d’un numéro thématique de la revue Reflets, d’offrir aux praticiennes et praticiens francophones vivant en situation minoritaire et qui œuvrent dans le secteur de la santé et des services sociaux un lieu d’analyse, de discussion, de recherche et d’engagement face aux causes et/ou aux effets délétères de la souffrance psychique et morale au travail.

Voici quelques sujets qui peuvent faire l'objet d'articles pour les sections Dossier ou Des pratiques à notre image :

  • constats et défis entourant les pratiques existantes au sein des organisations du secteur de la santé et des services sociaux qui s’adressent à la souffrance psychique, morale et sociale au travail (p. ex. : groupe d’entraide entre pairs, comité d’éthique ou climat éthique, supervision individuelle ou de groupe, groupe de discussion interprofessionnel, activités extra-professionnelles, etc.);
  • regard critique sur les modèles d’intervention et d’organisation du travail déployés par les organisations pour faire face à la souffrance des professionnels, sur les causes et déterminants susceptibles d’interpeler les professionnels au plan psychique ou moral au travail;
  • récits de pratique portant sur la souffrance psychique et morale au travail, et plus spécifiquement : 1) sur les causes (individuelles et structuro-organisationnelles) et les répercussions que peut avoir la souffrance psychique et morale sur la relation à soi, aux collègues, aux administrateurs et aux clientèles ou, 2) sur les façons individuelles, de groupe ou collectives d’y faire face au travail;
  • les enjeux éthiques, politiques et économiques liés aux façons de prévenir ou d’éviter la souffrance psychique et morale au travail; et ceux entourant l’emprise de la culture de gestion managériale (Nouvelle Gestion Publique) au service de l’entreprise et ce, au détriment des personnes employées.
  • d’autres aspects liés à la souffrance psychique et morale au travail, à la responsabilisation individuelle de cette souffrance souvent provoquée par des facteurs structuro-organisationnels, par un discours organisationnel à double sens : valorisation de la performance individuelle et promotion d’une logique comptable axées sur le profit.

Le volume 19, numéro 2 de Reflets, qui paraîtra à l’automne 2013, a pour objectif principal d’éclairer ces enjeux posés par la souffrance psychique et morale chez les professionnels, mais aussi auprès des organisations qui les emploient, auprès des populations qui requièrent leurs services, auprès du public en général qui s’attend à recevoir des services professionnels de qualité. Il propose ainsi d’attirer l’attention de la francophonie canadienne et internationale vivant en situation minoritaire sur un objectif spécifique précis : favoriser l’analyse et le dialogue interprofessionnel sur cette question délicate qu’est la souffrance au travail. Souffrance qui est vécue trop souvent dans le silence au sein des organisations du secteur de la santé et des services sociaux. Bref, ce numéro vise à rendre compte des actions déployées ou à déployer pour éviter que perdurent les déterminants structuro-organisationnels de cette souffrance chez celles et ceux qui désirent servir l’humanité.

Veuillez indiquer votre intention au plus tard le 1er novembre, soit en nous téléphonant, soit en nous écrivant à :

Stéphane Richard, t.s./T.S.I.

École de service social, Université Laurentienne

(705) 675-1151 p. 5046

srichard@laurentienne.ca

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