Prochaine soutenance d'HDR au Crem
Dans le cadre de l’École doctorale Perspectives interculturelles : écrits, médias, espaces, sociétés
Sylvie THIÉBLEMONT-DOLLET
en vue de l’obtention de l’Habilitation à diriger des recherches en sciences de l’information et de la communication
le vendredi 14 décembre 2007 à 14 heures
Université Paul Verlaine-Metz, campus du Saulcy Salle de séminaire de la MSH Lorraine
4e étage de l’UFR Sciences humaines et Arts
Mobilisations collectives et femmes immigrées
Analyse des processus communicationnels 2000-2007
Si nombreuses que soient les études ayant trait à l’immigration en France (et plus particulièrement masculine), aborder l’immigration sous l’angle des femmes immigrées et des processus communicationnels qu'elles ont développés en terre d’accueil est un apport essentiel aux sciences de l’information et de la communication. C’est pourquoi, ce mémoire donne les clés nécessaires pour comprendre les mécanismes des processus communicationnels militants et culturels dont usent plusieurs femmes d’origine rurale d’Afrique de l’Ouest (région du Fouta), ayant immigré pour s’installer dans un quartier d’une ville moyenne de France, et les militantes du bureau national du mouvement Ni Putes Ni Soumises. Analyser les réseaux d’interdépendance et de « contagion » entre ces actrices aux origines sociales identiques, faisant que ces femmes expriment un sentiment d’exclusion et associent leur statut social (chômage, profession sous-qualifiée), ethnique (origine maghrébine ou africaine) et spatial (cité, banlieue, quartier dit difficile), à un même stigmate les reléguant à un univers discriminatoire, dégager les spécificités de leurs paroles selon les espaces et les temporalités où elles ont été délivrées, saisir leurs manières de s’organiser et leurs possibilités de mobilisation, démontrer les rapprochements entre ces deux groupes collectifs féminins, sont les grands axes de cette réflexion. Suggérer enfin que ces femmes constituent un corps social émergent et mutant est une autre manière de lire ce travail. Émergent, parce qu’il est relativement récent du point de vue de sa visibilité dans la sphère publique et mutant, parce qu’il intègre des femmes qui participent d’un changement en train de se faire dans la société française et qui donnent une nouvelle image d’elles : non pas celle de féministes au sens classique du terme et de ce qui peut s’y rattacher, mais celle qui s’inscrit dans la perspective de comportement de genre à entendre comme mixité et modalités d’interaction entre femmes et hommes. Enfin, parce que longtemps exclu de la représentation sociale et militante par les institutions françaises et cantonné dans la représentation de femmes d’immigrés, ce corps social émergent et mutant a sans doute cette particularité de réunir des femmes ayant le souci de l’Autre et la volonté d’une participation active aux actions publiques de la cité.
Composition du jury
Pr Marlène COULOMB-GULLY, Université de Toulouse 2, rapporteur
Pr Bernard DELFORCE, Université Lille 3, rapporteur
Pr Béatrice FLEURY, Université Nancy 2
Pr Vincent MEYER, Université Paul Verlaine-Metz
Pr Isabelle PAILLIART, Université Stendhal-Grenoble 3
Pr Jacques WALTER, Université paul Verlaine-Metz, directeur d'HDR
Pr Uli WINDISCH, Université de Genève, rapporteur